Audit énergétique en entreprise : obligations, seuils et périodicité
A l’échelle nationale, un audit énergétique constitue parfois une obligation légale, notamment pour les grandes entreprises dont l’impact énergétique est important. Toute entreprise dépassant 250 salariés, ou réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 50 M€ avec un bilan supérieur à 43 M€, est soumise à l’obligation de réaliser un audit énergétique tous les 4 ans. Cette obligation découle de la directive européenne 2012/27/UE, transposée en droit français par la loi DDADUE du 16 juillet 2013.
Comme évoqué, les entreprises concernées par l’audit énergétique doivent, sur les deux derniers exercices comptables :
| Critère | Seuil déclenchant l’obligation |
|---|---|
| Effectif | ≥ 250 salariés |
| OU Chiffre d’affaires | > 50 M€ |
| ET bilan total | > 43 M€ |
| Périodicité | Tous les 4 ans |
| Sanction | Jusqu’à 2 % du CA HT (4 % en cas de récidive) |
L’entreprise est concernée dès lors qu’elle dépasse le seuil d’effectif (250 salariés), OU le double seuil financier (CA + bilan). Une PME de 200 salariés avec un CA de 60 M€ et un bilan de 50 M€ est donc également concernée.
C’est à chaque entreprise de vérifier qu’elle répond à l’une ou l’autre de ces catégories et qu’elle est donc considérée aux yeux de la loi comme une “grande entreprise”.
Les entreprises de moins de 250 salariés et de moins de 50M de chiffres d’affaires n’entrent pas dans le champ d’application de l’obligation. D’autres entreprises préalablement concernées peuvent quant à elles être exemptées. C’est le cas si l’entreprise :
*Note : la certification ISO 14001 n’exempte pas d’audit énergétique. Si vous disposez toutefois d’une certification en la matière, il faudra la joindre aux autres documents sur la plateforme.
Les PME peuvent se dispenser de cet audit dans deux cas :
L’audit doit être réalisé par un auditeur qualifié OPQIBI ou par un bureau d’études RGE Études, et doit couvrir au moins 80 % des factures énergétiques de l’entreprise (chauffage, climatisation, éclairage, process industriels, transport interne, etc.).
Peuvent renseigner les données sur la plateforme de recueil des audits énergétiques :
Quoi qu’il en soit, les données sont ensuite validées par l’autorité administrative : complétion des pièces, conformité et cohérence des informations communiquées etc.
En cas de manquement et suite à une première mise en demeure, la sanction encourue peut atteindre jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires HT du dernier exercice de l’entreprise (4 % en cas de manquement avec répétition), comme prévu dans l’article L233-4 du Code de l’Energie (juillet 2013).

Pour une entreprise, le coût de l’audit énergétique est généralement de plusieurs milliers voire dizaines de milliers d’euros, notamment s’il s’agit d’une grande entreprise. A l’heure d’instaurer une obligation légale, l’Etat a également prévu un panel d’aides financières à disposition des entreprises entreprenant cet audit, qu’il soit d’origine volontaire ou réalisé dans le cadre de l’obligation réglementaire.
Le premier de ces dispositifs – commun aux entreprises et aux particuliers – est celui des CEE (Certificats Economie d’Energie). En réalisant des travaux d’efficacité énergétique et donc en économisant de l’énergie, chaque entreprise génère un certain nombre de certificats. Plus leur valeur est élevée, plus l’indemnisation est importante. Elle prend la forme d’une prime CEE (ou prime énergie), d’un montant variable en fonction de l’opération réalisées : rénovation globale ou travaux ponctuels spécifiques (isolation, chauffage, ventilation, énergies renouvelables…).
L’ADEME prend également en charge une grande partie des dépenses liées aux études de faisabilité et d’opportunités de l’audit énergétique pour les petites et moyennes entreprises.
| Type d’entreprise | Financement de l’ADEME |
|---|---|
| Grande entreprise | 50 % (hors audit obligatoire) |
| Moyenne entreprise | 60 % |
| Petite entreprise | 70 % |
*Le financement de l’ADEME est plafonné à 50 000 € pour les dépenses liées à l’étude de diagnostic et 100 000 € pour les études d’accompagnement de projet.
Enfin, des aides publiques complémentaires peuvent être attribuées au cas par cas pour un audit énergétique en entreprise. Attention : celles-ci ne sont pas systématiques, mais dépendent bien du projet réel de l’entreprise et de son contexte.
L'équipe de rédaction
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