Le plan de rénovation énergétique des bâtiments par la France en 4 grands axes
Au même titre que le décret tertiaire, le plan de rénovation énergétique des bâtiments, publié en 2021, vise à lutter contre le changement climatique en agissant directement sur la qualité du bâti. Il comprend deux volets : le plan de rénovation énergétique de l’habitat et le plan énergétique des bâtiments publics. Cela passe par la réduction de la consommation d’énergie et le développement des énergies renouvelables dans le bâtiment.
Ce secteur représente à l’heure actuelle près de de la moitié de la consommation d’énergie totale et un tiers des émissions de gaz à effet de serre en France. Le plan de rénovation énergétique représente donc un enjeu pour la planète mais aussi pour la qualité de vie des personnes avec une baisse de la facture d’énergie entraînant une augmentation du pouvoir d’achat ainsi que la valorisation du patrimoine immobilier.
Voici les quatre grands axes du plan de rénovation énergétique des bâtiments.
Axe 1 : faire de la rénovation énergétique des bâtiments une priorité nationale avec des objectifs clairs, des données accessibles et un pilotage associant tous les acteurs.
Axe 2 : créer les conditions de la massification de la rénovation des logements et lutter en priorité contre la précarité énergétique.
Les 4 grands axes visent à accélérer la rénovation énergétique du bâti.
Le plan de rénovation énergétique de l’habitat concerne les logements privés, les logements sociaux ainsi que les bâtiments publics. Voici les principales actions mises en place.
Le plan de rénovation énergétique prévoit un parc privé rénové au niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation) en 2050 avec une disparition des passoires thermiques pour 2030. Afin d’atteindre ces objectifs, le plan de relance renforce le dispositif MaPrimeRénov, aide pour la rénovation énergétique mise en place en 2020.
Depuis le 1er janvier 2021, cette aide est donc étendue :
De plus, une bonification de MaPrimeRenov’ est mise en place pour les ménages qui réalisent des bouquets de travaux afin de lutter contre les passoires thermiques et faire baisser le nombre de logements étiquetés F ou G. En 2023, MaPrimeRénov’ évolue encore drastiquement : augmentation des primes pour les travaux les plus ambitieux (énergies renouvelables), sensibilisation aux rénovations globales, etc.
Afin de rénover le parc social, le plan de rénovation énergétique des bâtiments avait prévu d’augmenter les aides en 2022 à hauteur de 500 millions d’euros. En 2023, le gouvernement a augmenté le budget de l’ANAH de 500 millions d’euros, dont 200 millions dédiés à la rénovation des passoires thermiques des bailleurs sociaux.
L’objectif est, grâce à des réhabilitations importantes, de faire disparaître les bâtiments avec une étiquette énergétique F ou G et d’atteindre le niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation).
Les bâtiments publics représentent à eux seuls un quart des émissions de gaz à effet de serre. Un appel à projet a donc été lancé par l’État pour mettre en œuvre un plan de rénovation afin de réduire la consommation énergétique, les émissions de CO2 et l’empreinte carbone du parc immobilier public. Il concerne les établissements publics de l’État, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante.
4214 projets ont été retenus pour la rénovation énergétique des bâtiments publics en prenant en compte deux critères :
Ces projets de rénovation énergétique des bâtiments publics vont également permettre de développer et de favoriser le travail des artisans, des TPE et des PME françaises. Ils vont permettre la création de 20 000 emplois d’ici à fin 2023. Enfin, la rénovation énergétique des bâtiments publics va renforcer les compétences de la filière de la rénovation énergétique.
Représentant près de la moitié de la consommation d’énergie et un tiers des émissions de gaz à effet de serre, le secteur du résidentiel est énergivore. C’est ce constat qui pousse depuis plusieurs années maintenant les gouvernements successifs à en faire un enjeu majeur de lutte contre le changement climatique. En ajoutant à cela la précarité énergétique liée aux logements identifiés comme passoires (7 millions de logements, 3,8 millions de ménages concernés), on comprend l’urgence de la situation. La rénovation énergétique est un vaste chantier qui répond à des besoins tant économiques qu’environnementaux et sociaux.
Après les lois Grenelle 1 et 2, les dispositifs pour doper le secteur de la rénovation énergétique se sont multipliés.
À chaque plan ou loi, des objectifs chiffrés concrets. Déjà au moment des lois Grenelle, l’ambition était d’atteindre une réduction de la consommation d’énergie du parc ancien de 38 % en 2020. Le PREH prévoyait lui la rénovation énergétique de 380 000 logements privés et 120 000 logements sociaux par an à partir de 2017. La stratégie nationale bas carbone ambitionne elle une réduction de 49 % des émissions de gaz à effet de serre de tous les bâtiments en 2030 et même la neutralité carbone en 2050 ! Irréaliste ? Des objectifs censés être « programmatiques » mais pas contraignants. Ils ne sont pas rendus obligatoires et n’entrainent pas de sanction. Pas de contrainte mais de l’incitation, qui ne séduit pas.
Selon l’Observatoire du Climat, qui scrute l’atteinte des objectifs fixés, on constate une sous-réalisation de la plupart des dispositifs.
Puisque le diagnostic est posé et que l’ambition politique semble claire avec des feuilles de route précises, pourquoi la rénovation énergétique ne parvient pas à décoller ? Quels sont les freins à sa réussite ? Quatre raisons sont souvent avancées par les études sur le sujet.
Enfin, la filière de la rénovation énergétique peine toujours à se développer par manque de visibilité et du fait de moyens insuffisants. Le financement actuel ne suffit pas selon de nombreux analystes et il faudrait atteindre plus du double alloué à la rénovation énergétique chaque année pour réellement atteindre les ambitions fixées.
On ne peut le nier : ces freins existent donc encore. Toutefois, les années 2022 et 2023 auront vu leur lot d’amélioration en matière de compréhension et de passage à l’action. Le service public de la rénovation énergétique France Rénov notamment (ouvert en 2022) a vocation à structurer et à clarifier l’offre des aides financières à la rénovation énergétique, dont MaPrimeRénov’. Avec ce service public a été créé le rôle d’Accompagnateur Rénov, un professionnel disponible et formé, entourant les porteurs de projet de A à Z dans leur rénovation énergétique (administrativement, financièrement, techniquement).
Les aides sont désormais plus visibles et plus incitatives, les particuliers davantage accompagnés, ce pourquoi on peut rester optimiste quant à l’accélération de la transition énergétique du parc bâti.
L'équipe de rédaction
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