Comparatif pollution chauffage : voici le plus et le moins polluant
Il existe actuellement une multitude de systèmes de chauffe reposant sur des sources d’énergie plus ou moins vertueuses. On distingue notamment les énergies renouvelables (chauffage solaire, géothermie, aérothermie, biomasse) comme systèmes de chauffage écologique, du chauffage à énergie fossile (chauffage au fioul, au gaz). Si l’on compare la pollution générée par les différents types de chauffage, le fioul est le chauffage le plus polluant (324 gCO2e/kWh), et le chauffage au bois un des moins polluants (30 gCO2e/kWh). Le chauffage au fioul pollue 10 fois plus que le chauffage au bois.
Le problème, c’est qu’à l’exception des énergies naturelles, toutes les autres formes de chauffages entraînent une émission de polluants : leur impact environnemental ne peut être négligé. De plus, il faut prendre en compte la pollution générée par la construction des équipements, la façon dont est produite l’électricité, les polluants autres que le CO2 (particules fines…). Le calcul n’est pas si simple. Que peut-on réellement qualifier de pollution du chauffage domestique ? Quelles sont les solutions pour réduire, voire éradiquer cette pollution du chauffage dans nos logements ?
Comprendre le taux d’émissions de CO2 et de particules nocives par énergie de chauffage vous permettra naturellement d’identifier le chauffage le moins polluant pour votre intérieur.
Voici ce qu’il faut savoir sur le facteur d’émissions de GES par énergie de chauffage :
On le remarque bien ici : le fioul est de loin l’énergie de chauffage la plus polluante. A contrario, la biomasse se distingue avec seulement 30 grammes de CO2 rejetés par kWh d’énergie consommée.
Si les énergies renouvelables – aérothermie, géothermie, solaire, éolien – n’ont pas leur place dans le classement ci-dessus, c’est qu’il s’agit d’énergies propres, ne générant aucun gaz à effet de serre en l’état. Installer une pompe à chaleur géothermique, un système solaire combiné ou une éolienne domestique est sans conteste l’une de vos meilleures options si vous souhaitez choisir le chauffage le moins polluant.
Saviez-vous que la biomasse (bûches et granulés de bois dans le résidentiel) est désormais reconnue comme une énergie renouvelable ? La pollution générée par le chauffage au bois est effectivement complexe. D’un côté, le bois est un combustible historique, qui rejète du CO2 et certaines particules nocives telles que le monoxyde de carbone en brûlant. De l’autre côté, il est désormais pris en compte que le bois absorbe autant de CO2 en croissance qu’il n’en rejète lors de sa combustion, pour un bilan carbone nul ! Si on ajoute à cela la qualité des derniers équipements de chauffage au bois disponibles sur le marché (chaudière granulés, poêle à granulés), on obtient un chauffage relativement peu polluant et surtout, peu cher !
Malgré la crise énergétique, le bois reste effectivement le combustible le plus « abordable ».
Le fioul, voilà actuellement le mode de chauffage qui génère le plus de pollution ! En effet, le fioul domestique est un polluant notoire à l’origine de particules et d’HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), de soufre (qui provient de la combustion du fioul et s’associe à l’oxygène pour former le SO2). N’oublions pas également les dioxines et furanes provenant des émissions des chaudières fioul. En ce qui concerne les émissions de CO2, le fioul domestique est également le chauffage le plus polluant.
Vous l’aurez compris en lisant le comparatif de la pollution par chauffage : le fioul n’est aucunement l’énergie de chauffage à considérer pour limiter votre empreinte carbone. D’ailleurs, cette énergie de chauffage polluante est désormais interdite en construction et en rénovation, sauf dérogation expresse (RT 2020). Encore récemment utilisée par 12 % des foyers français, cette énergie est donc en voie de disparition… à raison.
Le gaz est également une énergie génératrice de pollution. Le gaz naturel émet moins de CO2 que le propane mais les rejets toxiques dans l’air sont importants. Le gaz naturel émet ainsi des COV et du CO2 même s’il fait mieux que toutes les autres énergies, à l’exception bien sûr des énergies renouvelables. Il convient toutefois de prendre en compte le fait que les équipements de dernière génération – comme les chaudières à condensation ou THPE – ont permis de limiter de manière très importante cette pollution. Certains équipements comme la chaudière THPE sont encore indemnisables au titre des travaux de rénovation énergétique, pour inciter les particuliers à se diriger vers un chauffage moins polluant.
Le gaz naturel est l’énergie fossile la plus écologique… mais n’est pas pour autant une source d’énergie verte.
Comme évoqué précédemment, le chauffage électrique en fonctionnement est un système de chauffage moins polluant, puisque l’on ne retrouve ni particules fines ni CO2 dans l’air (“seulement” 147 gCO2e/kWh, soit la troisième énergie la moins polluante sur quatre).
Toutefois, ce sont les sources de production de l’énergie électrique qui posent un problème. Comment l’électricité acheminée pour faire fonctionner l’installation est-elle produite ? Dans le cas d’une production d’électricité verte, le bilan carbone reste faible. En revanche, une électricité non “verte” implique plus d’émissions de CO2 par kWh d’énergie finale.
Contrairement à un mode de chauffage au bois, au fioul ou encore au gaz, un système électrique repose sur une énergie produite en amont. Dans une centrale nucléaire, à gaz, à charbon ou encore hydro-électrique, il existe bien une pollution générée pour produire l’énergie finalement utilisée dans les radiateurs électriques par les consommateurs.
Alors, si l’énergie électrique est source de pollution lors de sa production, mais que les radiateurs électriques sont les moins polluants à l’usage… s’agit-il au final d’une bonne solution ? Oui, et non ! En France, grâce notamment à un coût d’installation faible, les installations électriques de mauvaise qualité se sont multipliées. Il s’agit là d’un vrai problème, car des équipements plus hauts de gamme, moins gourmands et mieux régulés apportent des économies… et une pollution réduite.
Coupler par exemple un chauffage au bois avec des radiateurs électriques de qualité en complément permet un bon équilibre. Idem, disposer d’un système centralisé avec une pompe à chaleur et, si besoin, un chauffage électrique d’appoint pour compléter l’installation, permet de réduire la pollution globale tout en maximisant le confort des occupants.
Finalement, pour réduire la pollution du chauffage et basculer sur une installation durable, n’oubliez pas de vous référer aux quelques conseils susmentionnés. Cela vous aidera à comprendre quelles installations sont compatibles avec une logique de développement durable.
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